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Interstellar by Spielberg (1/4)

  • 3 sept. 2017
  • 10 min de lecture

2008 : Steven Spielberg s'apprête à mettre en scène le film Interstellar, sur un scénario de Jonathan Nolan, mais un différend entre Dreamworks (Spielberg) et Paramount (Nolan) fait capoter le projet.

2012 : Au sortir de sa trilogie Dark Knight, Christopher Nolan cherche une nouvelle histoire à raconter et ressort du tiroir le scénario de son frère. Il retravaille le script et livre le film que l'on connaît.


Voici ce qu'aurait été Interstellar si Steven Spielberg avait pu le réaliser...


Première partie :


Dans une lointaine galaxie, une étoile à neutron subit l’attraction d’un gigantesque trou noir pour y être détruite. Plusieurs vagues d’énergie générées par la rencontre de ces titans arrivent à s’échapper du monstre noir. L’une d’entre elles disparaît soudainement dans une brèche luisante comme du cristal, pour réapparaître à proximité de la planète Mars. L’onde poursuit sa route pour être finalement captée par un interféromètre situé à Pasadena en Californie.

Ansen, le directeur du LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory) et son assistant n’en reviennent pas de cette découverte et vérifient plusieurs fois les données recueillies.


Un hélicoptère rempli de fédéraux se pose à l’extérieur du bâtiment. L’un des agents, sans doute de la NSA, demande des explications à Ansen. Ce dernier l’informe que l’onde reçue a été créée lors de la rencontre entre une étoile à neutron et un trou noir. Sauf que l’origine de l’onde est localisée non loin de Mars. Si un tel monstre se trouvait si proche de notre planète, elle aurait été détruite depuis longtemps. Le scientifique émet alors l’hypothèse que l’onde ait traversé un trou de ver, une sorte de porte intersidérale menant vers une galaxie lointaine, ne pouvant théoriquement pas exister plus d’un millionième de seconde, à moins que quelque chose ou quelqu’un ne le stabilise. Si l’agent de la NSA craint qu’une invasion extraterrestre soit imminente, Ansen se veut rassurant, car les êtres capables d’un tel exploit n’auraient aucun intérêt à venir nous coloniser. Son assistant est, quant à lui, tout excité à l’idée de pouvoir explorer des systèmes solaires jusqu’alors hors de portée. Les deux scientifiques ne pourront cependant rien divulguer, car les fédéraux classent ce dossier secret défense avant de repartir. Ansen reste un moment sous le choc et comprend que rien ne sera plus comme avant. D’ici une cinquantaine d’années, tout aura changé.


Cinquante ans plus tard.


Des champs de maïs à perte de vue.

Sur une route poussiéreuse, un car est en panne. Des joueurs de baseball sont disséminés autour du véhicule, lorsqu’un pick-up arrive à leur niveau. Cooper, la trentaine, descend de son engin pour donner un coup de main. Il est accompagné de ses deux fils, Tom, 15 ans et Murphy, 10 ans. Ce dernier a un œil au beurre noir. L’un des joueurs lui demande s’il pense que son père pourra les dépanner et l’enfant assure qu’il peut tout réparer. Cooper réussit bel et bien à faire repartir l’engin. En s’éloignant, on découvre sur la carrosserie, le logo des Yankees de New York.


Un satellite en orbite autour de la terre est frappé par une petite sphère noire et se désagrège.


Accompagné de son beau-père Donald, Cooper assiste avec ses deux fils à un match de baseball dans un stade de ligue mineure. Ils mangent du popcorn au grand dam de leur aîné qui aurait préféré un bon vieux hot dog. Murph demande à son père ce qu’est un hot dog, lorsqu’un joueur sur le terrain se fige pour regarder le ciel, émerveillé. Le public se retourne pour découvrir les morceaux du satellite entrant dans l’atmosphère dans un feu d’artifice de lumières. Tom pense à une comète, mais Cooper opte plutôt pour un gros satellite chinois. Finalement, tout le monde se rassoit et la partie peut reprendre.


En rentrant du stade, alors que les enfants dorment sur la banquette arrière, Donald n’arrête pas de pester contre le niveau exécrable du jeu. Cooper lui reproche de se plaindre devant Tom et Murph, expliquant que ce genre de match n’avait même plus lieu il y a encore quelques années.


Le lendemain, Cooper sort sur le porche de la maison en terminant son petit-déjeuner et remarque de la fumée se dégageant d’une parcelle non loin. Donald l’informe que Nelson, leur voisin, détruit ses champs de gombo, visiblement touchés par la rouille, alors que cette culture était censée y résister. Puis, le vieil homme rappelle à son gendre qu’il doit emmener ses enfants pour une réunion parents/prof et insiste sur le fait que la maîtresse de Murph est célibataire. Après tout, il doit continuer sa mission pour repeupler la Terre.


Sur la route, un des pneus du pick-up crève. Cooper demande à Tom de le changer, mais il s’agit déjà de la roue de secours. De plus, Murph a utilisé la dernière rustine sur son vélo. Pour le père de famille, il s’agit là de la loi de Murphy. Pendant que Tom doit trouver une solution, Cooper explique à son cadet inquiet que cette loi ne signifie pas que le pire doit se produire, mais que les choses arrivent, bonnes ou mauvaises. Il ajoute que c’est intéressant, car si rien ne se passe, on ne progresse jamais. Soudain, un drone les survole à basse altitude. Cooper demande à ses enfants de remonter immédiatement dans la voiture pour le prendre en chasse.



La course poursuite commence à travers les champs de maïs, se poursuit dans les rues d’une banlieue abandonnée pour se terminer au sommet d’une colline. La voiture, pilotée par Tom, s’arrête in extremis au bord d’une falaise alors que Cooper vient tout juste d’arriver à pirater le drone avec son ordinateur dont l’antenne tenue par Murph est fabriquée avec des boîtes de Pringles. Le père de famille donne ensuite les commandes à son cadet pour qu’il pose en douceur l’objet volant.

Cooper pense que l’engin est resté en activité ses vingt dernières années, grâce à ses capteurs solaires. Sa basse altitude lui laisse imaginer qu’il était à la recherche de quelque chose, sans doute un signal. Il commence à démonter le drone et en sort le module de pilotage automatique sous les yeux attristés de Murph qui demande à son père de relâcher l’objet volant. Cooper lui explique qu’au contraire ce robot doit s’adapter aux nouvelles conditions de vie, comme le fait déjà toute l’humanité.


Cooper arrive finalement à la réunion parents/prof. Le proviseur est content de Tom et pense qu’il fera un très bon fermier, mais le père de famille proteste. Son fils devrait plutôt aller à l’université pour devenir ingénieur. Le chef d’établissement affirme que c’est impossible, le niveau de Tom n’étant sans doute pas suffisant. Leur société actuelle a surtout besoin de nourriture, pas de nouvelles télévisions ou des satellites surpuissants.

Pour ce qui est de Murph, sa professeur explique qu’il apporte à l’école d’anciens livres sur la conquête spatiale affirmant que l’homme est allé sur la lune, ce qui n’était à l’époque qu’une vulgaire propagande pour épuiser l’économie russe lors de la guerre froide. Ces ouvrages encouragent les enfants à rêver à de nouveaux mondes à l’heure où la situation devient critique sur Terre, et sont donc interdits. Cooper s’emporte devant cette manipulation de la vérité et explique à ses deux interlocuteurs que la recherche spatiale a permis de mettre au point bon nombres de nouvelles technologies, dont le scanner. Si ce genre de machine était encore disponible, elles auraient pu détecter beaucoup plus tôt la tumeur qui a emporté sa femme quelques années auparavant. D’ailleurs, la meilleure des chances de survie de l’espèce humaine n’est-elle finalement pas de quitter la Terre ? Il se lève et part en furie.

Cooper essaye de se calmer dans son pick-up lorsqu’il est contacté par radio. Un certain Riggs se plaint des machines que le père de famille lui a livrées. Il a déjà tenté de les redémarrer, mais rien n’y fait. Cooper doit venir y jeter un coup d'œil en personne.



Avec un Piper Cub, un avion léger des années 30, Cooper se rend chez son client et découvre ses engins agricoles réunis autour d’un petit cratère, au milieu duquel se trouve la boule noire ayant frappé le satellite lors du match de baseball. Cooper se rend compte qu’elle émet des bruits faibles lorsqu’il la récupère et aperçoit très vite la bannière étoilée de l’ancien gouvernement fédéral. Il comprend que cet objet, qui n’a donc rien d’extraterrestre, est une sonde, mais il n’en a jamais vu de ce type. Il imagine qu’elle a dû se perdre.


De retour chez lui, Cooper tente de l’ouvrir, en vain. Ces enfants le rejoignent et il découvre Murph de nouveau avec un œil au beurre noir. Il explique s’être battu avec un camarade qui affirmait que l’homme n’avait jamais mis les pieds sur la lune, et se retrouve maintenant suspendu. Cooper est fier de lui.

À l’aide d’un scanner de fortune fabriqué à partir d’un défibrillateur, il réussit enfin à accéder aux informations de la sonde, mais ces dernières sont en partie détruites. Il trouve cependant quelques données au sujet d’une mystérieuse planète de glace ce qui intrigue son fils. Le père de famille lui explique que tout ceci n’a pas grande importance, vu que la NASA a été dissoute depuis plusieurs années. La sonde est revenue sur Terre beaucoup trop tard. Cooper ira chez un dénommé Tyson le lendemain pour la faire fondre en espérant récupérer un peu de cuivre à l’intérieur.


Le soir venu, Donald explique à Cooper que ce monde n’est finalement pas si mal, en comparaison du temps où six milliards de personnes voulaient tout, tout de suite. Il pense que son gendre n’est en revanche pas fait pour leur époque, contrairement à ses enfants, car il a un don qu’il ne pourra sans doute jamais exploiter.


Cooper n’arrive pas à trouver le sommeil alors que la sonde commence à hurler. Il essaye de la rendre silencieuse à coup de batte de baseball, en vain, elle ne s’arrête que lorsqu’elle prend la direction du sud-ouest. Pour amoindrir le bruit et pouvoir dormir, Cooper l’immerge dans son puits.


Le lendemain, Donald emmène Tom à l’école alors que Murph, suspendu, reste avec son père. Ils partent en avion vers le sud-ouest, comme semble leur indiquer la sonde et font une halte dans un Los Angeles ravagé par les tremblements de terre, pour faire un plein, l’essence n’étant apparemment plus une denrée rare. La boule noire les mène jusqu’à l’île de Santa Cruz.

Ils atterrissent dans un champ de framboise, mais ne savent pas ce que c’est. Cooper découvre des installations camouflées et Murph, un robot androïde géant de 2,5 m, abandonné depuis longtemps. Mais ce dernier se réactive, effrayant le père de famille qui se fait mal en le frappant. Son fils récupère l’arme et met en joug la machine, au moment où Amelia Brand, une jeune femme de trente ans, arrive fusil au poing. Elle ordonne aux deux intrus de quitter les lieux, et les accompagne jusqu’à leur avion. C’est alors que le droïde nommé Tars commence une discussion avec la sonde. Amelia lui demande de la récupérer et revient sur son idée de laisser partir Cooper et Murph.


Elle les fait pénétrer dans une installation moderne, véritable prolongement de la NASA, dans laquelle humains et robots travaillent ensemble. Ils retrouvent un vieillard, qui n’est autre que l’assistant du prologue ainsi qu’un ingénieur nommé Doyle. Ce dernier tente d’ouvrir la sonde, mais Cooper lui montre comment faire et affiche les données évoquant la planète de glace, qui leur paraît habitable.


Quelque temps après, Tars surveille Cooper et son fils dans un hangar à robots dans lequel les machines continuent à effectuer leur tâche dorénavant inutile, inconscients de leur obsolescence. À travers une vitre, le père de famille voit Brand et le vieil homme se disputer. Puis la jeune femme vient le chercher. Elle lui explique qu’ils ont besoin de lui pour une mission et que le vieil homme en charge de cet endroit est son père. Pour sa part et malgré les apparences, elle n’est pas une combattante, mais une simple biologiste.

Elle présente à Cooper le leader de la mission, un robot humanoïde baptisé Case, ayant été vraisemblablement dessiné et programmer pour instaurer une certaine forme de sérénité. Ce dernier commence à expliquer leur objectif au père de famille qui ne comprend pas pourquoi il se retrouve embarqué dans cette aventure. Le droïde lui répond que, contrairement à Amelia, sa philosophie le pousse à donner sa confiance à un être humain pour l’avoir en retour.

Après cette parenthèse, John, le père d’Amelia, lui raconte que depuis 50 ans, ils envoient des sondes à travers un trou de ver, mais qu’ils n’ont jamais eu de retour, jusqu’à aujourd’hui. La mission humaine est dorénavant d’actualité et ils veulent embaucher Cooper qui semble posséder de bonnes capacités d’adaptation et un sens de la débrouille évident. Mais le père de famille refuse, prétextant qu’il a mieux à faire que de participer à une mission scientifique. Case lui annonce qu’il ne s’agit pas d’une mission scientifique, mais d’une mission de sauvetage.


Amelia emmène Cooper dans un laboratoire où des scientifiques étudient le maïs et sa probable future disparition. L’espérance de vie de l’espèce humaine ne se limite plus qu’à deux ou trois générations avec ses nouvelles données et il est donc nécessaire de quitter cette planète pour en coloniser une autre. Cooper pense qu’il est encore temps de trouver une solution locale, mais la biologiste lui rappelle que les universités ne sont plus que de vagues fumisteries, les dirigeants humains étant trop obnubilés par les problèmes de nourriture. Cooper comprend alors qu’il ne pourront sauver qu’une poignée de personnes dans le meilleur des cas, ce que confirme Amelia. C’est déjà mieux que rien, mais il s’agit surtout de la dernière chance de l’espèce humaine.


Cooper rentre chez lui avec son fils.

Donald conseille à Cooper d’accepter la mission. Ses enfants sont autonomes depuis la mort de leur mère et lui sera là pour les surveiller. Le père de famille refuse, arguant qu’il a des responsabilités vis-à-vis d’eux, ce que confirme, l’air grave, le vieil homme.



Cooper fait ses adieux à ses fils. Murph a préparé son sac, persuadé de pouvoir partir avec son père, mais ce dernier lui explique que c’est impossible. L’enfant a entendu les propos de Donald et pense être lui aussi inadapté à cette planète, à cette époque. Cooper lui demande de rester, car il aura de grandes choses à accomplir ici puis lui donne sa montre en promettant de revenir.


Il s’en va, le cœur brisé.



A suivre...

Quelques remarques :


Cette première partie qui se termine par le départ du héros correspond à l’acte 1 du film et ne possède que peu de différences avec l’œuvre de Christopher Nolan. Elle s’offre un prologue peu intéressant, mais qui lance la version de Steven Spielberg sur une dynamique plus spectaculaire que celle découverte en salle. Nous verrons par la suite que le script de 2008 promettait un grand film d’aventure spatiale plus proche d’Indiana Jones que de 2001 : l’Odyssée de l’espace. Certains éléments annoncent d’ailleurs cette tendance comme le physique très humain des robots, la base sous marine, la découverte d’un Los Angeles ravagée, etc. On note cependant que cette première version du script limite l’exploration à une seule planète (mais quelle planète !).

Le changement de genre de Murphy est l’autre élément intéressant. Alors que Christopher Nolan travaille essentiellement des relations homme/femme classiques à tendance tragique (The Dark Knight, Memento, Inception), on connaît l’obsession que représente les relations père/fils, souvent conflictuelles (La Guerre des Mondes, La dernière Croisade, Jurassic Park) ou carrément amputées (E.T., Minority Report, A.I.), dans le cinéma de Spielberg, preuve une nouvelle fois, que les monstres sacrés nourrissent abondamment leurs récits même s’ils ne signent que rarement leurs scénarios.



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