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Interstellar by Spielberg (4/4)

  • 31 oct. 2017
  • 10 min de lecture

2008 : Steven Spielberg s'apprête à mettre en scène le film Interstellar, sur un scénario de Jonathan Nolan, mais un différend entre Dreamworks (Spielberg) et Paramount (Nolan) fait capoter le projet.

2012 : Au sortir de sa trilogie Dark Knight, Christopher Nolan cherche une nouvelle histoire à raconter et ressort du tiroir le scénario de son frère. Il retravaille le script et livre le film que l'on connaît.


Voici ce qu'aurait été Interstellar si Steven Spielberg avait pu le réaliser...


Quatrième partie :

Les instruments de contrôle laissent à penser que l’Endurance évolue maintenant dans le néant, comme si le vaisseau était hors de l’univers. Pour passer le temps, l’équipage prend connaissance des vidéos envoyées par leurs proches.

Doyle découvre en premier les messages de ses enfants. Il prend son visage dans ses mains et se met à pleurer.

De son côté, Brand écoute son père qui cherche à garder tant bien que mal la communication avec le relais à l’entrée du trou de ver. Il espère que sa fille est saine et sauve. Puis, la jeune femme explique à Doyle qu’elle imagine que plusieurs dizaines, voir centaines d’années se sont écoulées depuis leur départ et que la race humaine s’est sans doute éteinte. Elle aime à penser que les derniers survivants ont mieux réussi qu’eux. En l’écoutant, le scientifique joue avec un pistolet de détresse.

De son côté, Cooper sort du vaisseau et constate qu’ils évoluent dans le vide le plus total. De retour à bord, il regarde à son tour les vidéos. Il voit Tom grandir puis avoir un premier enfant. Son fils lui annonce ensuite la mort de Donald, ajoutant qu’il n’a plus vraiment de lien avec Murph. Finalement, le jeune homme semble accepter l’idée qu’il ne reverra jamais son père et arrête d’enregistrer ses messages. Abattu, Cooper quitte le poste de visionnage lorsqu’une nouvelle vidéo s’enclenche. Il met du temps à comprendre qu’il s’agit de Murph, âgé de 30 ans, qui lui souhaite un joyeux soixantième anniversaire. Il explique que depuis son départ, le maïs est à son tour touché par la rouille, et que la situation est de plus en plus désespérée. Il porte la montre de son père et lui souhaite bonne chance. Fin des vidéos.



Cooper et Brand s’interrogent sur le but de tout cela. La biologiste pense qu’ils sont les derniers humains. La gravité créée les étoiles qui abritent la vie, puis sont détruites pour créer d’autres étoiles et ainsi de suite. Cooper lui demande ce qu’il reste du fameux plan des « autres ». Défaitiste, elle émet l’hypothèse qu’ils sont en fin de cycle. Cooper se rapproche d’elle. Ils s’embrassent avant de faire l’amour en apesanteur, leurs vêtements volant autour d’eux


Doyle les appelle quelque temps après. Quelque chose est en train de se produire. Les distorsions sphériques rencontrées dans le premier trou de ver sont de nouveau là. Brand pense alors qu’elles cherchent à entrer en communication avec eux via la gravité et leur présence dans ce néant. Les « choses » emmènent les trois humains dans une danse en apesanteur et y invitent la créature de la planète de glace récupérée par Brand. La biologiste sort ensuite un sac rempli de petits globes qui se mettent eux aussi à voler dans la pièce. Les « autres » reproduisent notre système solaire puis celui de la planète de glace. Au milieu, ils placent une autre boule, représentant l’Endurance.

Ils prennent alors le contrôle du vaisseau et le propulsent à toute vitesse. L’équipage aperçoit au loin une lumière et comprennent qu’ils se trouvent en fait dans une sphère titanesque dont ils sortent enfin. Ils évoluent maintenant au-dessus d’un tapis d’étoiles représentant notre univers, avant de se mettre en orbite autour de l’étrange sphère géante. Ils remarquent qu’à sa surface est bâtie une base spatiale.

Ils pénètrent dans la station est retrouvent Tars qui les attend depuis 300 ans. Les Chinois ont mis plus de 4000 années à construire cet endroit, car le temps est très fortement ralenti ici. C’était d’ailleurs leur fameux trésor : le temps, ou du moins suffisamment de temps pour trouver une solution pour sauver l’humanité.


Tars leur montre les différents prototypes de machines à gravité et leur explique qu’il a référencé toutes les nouvelles technologies développées ici. Cooper s’inquiète subitement de leur source d’alimentation. Le robot leur demande de le suivre dans la salle des machines où il leur montre un petit trou noir capable de fournir de l’énergie pour l’éternité. Il continue sa visite et les fait passer devant une flotte entière de vaisseaux spatiaux qui laissent Cooper sans voix.

Ils atteignent ensuite une pièce dans laquelle les robots chinois ont pu simuler tous les scénarios possibles pour l’avenir de la Terre. Il leur fait une démonstration en zoomant sur notre planète bleue jusqu’à arriver dans les rues de Paris où une dame achète un journal. Il dézoome puis accélère le temps. Brand, Cooper et Doyle aperçoivent rapidement des explosions atomiques à la surface avant que Tars ne rembobine. Le robot lance une nouvelle simulation où l’on voit la Terre s’assécher pendant que des fusées sont construites. Il explique qu’il s’agit de la meilleure solution trouvée, dans laquelle notre espèce réussit à fabriquer une sphère de gravité géante. Les trois humains distinguent alors de nombreux vaisseaux s’extirpant de l’attraction terrestre. Cooper demande si ce plan a fonctionné, mais Tars explique que les Chinois sont arrivés trop tard, les derniers humains étant morts depuis longtemps.

Le robot les emmène ensuite vers une plateforme sur laquelle ils peuvent observer des milliers de trous de ver, reliant les différents systèmes solaires entre eux. Les Chinois ont arrêté de les cartographier lorsqu’ils ont trouvé ce qu’ils cherchaient. Tars leur demande d’avancer un peu pour qu’ils puissent découvrir la sphère à gravité géante les surplombant. Celle-ci pointe vers un trou de ver qui scintille beaucoup plus que les autres sous l’effet gravitationnel. Cooper qu’il s’agit d’une machine à remonter le temps pointant vers la Terre, même si Brand doute de cette éventualité. Tars explique que les Chinois ont tenté la traversée, mais qu’il ne sait pas s’ils ont réussi. Cooper veut en avoir le cœur net. Brand essaye de l’en dissuader. Elle affirme que le voyage temporel est une chimère et qu’il se dirige vers une mort certaine. Pour elle, Roth avait raison et ils doivent se servir de cette base pour partir explorer l’univers et en apprendre davantage. Cooper lui répond qu’il a fait une promesse et qu’il doit la tenir.



Cooper et Doyle disent au revoir à Brand et à Tars, qui souhaite lui aussi étancher sa soif de découverte en partant à la conquête de l’inconnue. Après avoir donné une partie de la créature de la planète de glace à Cooper, Brand lui demande de tenir une autre promesse : celle de revenir vers elle une fois sa mission achevée. Il accepte. Ils s’embrassent.

Avant de décoller, Cooper récupère la sonde contenant les plans de la sphère à gravité et comprend qu’il s’agit de celle qu’il a retrouvée sur Terre. Elle seule peut donc passer le trou de ver, mais Doyle veut absolument tenter l’expérience. Cooper lui affirme qu’ils vont mourir s’ils essayent d’y pénétrer. L’ingénieur isole le père de famille dans le module d’atterrissage et l’éjecte. Cooper assiste en témoin impuissant à la destruction du vaisseau. Une seule petite chose réussit à traverser le trou de ver.


La sonde arrive dans notre système solaire. À l’approche la Terre, elle pulvérise un satellite puis pénètre dans notre atmosphère. On suit alors sa caméra en vue subjective.

Elle s’écrase.

Cooper la récupère et y travaille avec Murph non loin.

Tars met à son tour la main sur la sonde à l’arrière de l’avion de Cooper.

Le père d’Amelia, encore plus âgé, continue de l’analyser puis abandonne.

Beaucoup plus tard, d’autres personnes s’affairent dessus.


Murph annonce à un agriculteur que le pilote automatique de sa moissonneuse-batteuse est mort. Le fermier est désespéré, car il ne pourra gérer autant de terrain sans cet engin devenu vital, car la population a maintenant davantage besoin de nourriture. Le jeune homme est désolé, mais il n’a pas les pièces pour réparer.

Peu de temps après, Murph embarque dans l’avion de son père et se rend de nouveau sur l’île de Santa Cruz. La base secrète a été pillée, mais le trentenaire décide de s’y aventurer tout de même. Il y retrouve un son qui lui est familier : celui de la sonde. Il la connecte à un ordinateur encore en état de marche et accède aux informations de la planète de glace. Puis rien. Il s’éloigne d’elle, mais décide finalement de repartir avec.


Chez lui, Murph essaye de décrypter les données de la sonde. Sa femme lui demande de faire ça ailleurs que sur la table de la cuisine.


Murph a maintenant 40 ans et travaille sur une version archaïque de la sphère à gravité, qui ne fonctionne pas. Sa fille de 8 ans le questionne sur ce qu’il est en train de construire, mais il n’en sait foutrement rien. Ils quittent la pièce alors que la radio à onde courte se met à grésiller. On y entend la voix de Cooper s’excusant de ne pas être revenu.


Murph, la cinquantaine, cherche sa fille qui travaille sur la mystérieuse machine. Un grondement se fait entendre et Emily Cooper sort de la grange qui commence à se déformer, pour finalement imploser. Un tracteur est même déplacé de quelques mètres avant que la ligne de courant ne prenne feu. Murph découvre que tout a été compressé en une petite boule et demande à sa fille ce qu’elle a modifié.


200 ans plus tard, en 2320, la végétation a presque totalement disparu. Un module d’atterrissage chinois se pose doucement et Cooper en sort. Il se met en route et retrouve sa maison à moitié détruite. Abattu par sa promesse non tenue, il commence à attendre dans ce qu’il reste de sa cuisine. Une tempête de glace se rapproche.

Son instinct de survie lui ordonne cependant de retourner à son vaisseau, mais le blizzard l’en empêche. Il s’écroule dans la neige. Le bocal contenant la forme de vie de la planète de glace s’ouvre et libère la créature. Retrouvant son habitat naturel, elle change de forme pour se protéger des intempéries. Cooper aperçoit le bout de son vaisseau maintenant enseveli sous la glace et semble de toute façon incapable de s’y rendre. Il accepte son sort.

Dans une vision qui lui paraît réelle, il revoit ses enfants. Il se rappelle alors sa discussion avec Case qui lui avait prédit qu’il aurait cette vision en mourant. Cooper se remet sur pied et atteint finalement son vaisseau contre lequel il s’écroule, seul dans l’immensité blanche.


Cooper se réveille dans un hôpital. Une médecin lui fait comprendre que le lieu où il se trouve ne doit rien à la coïncidence.

Quelque temps plus tard, Cooper se promène hors du bâtiment et découvre un paysage se courbant vers le haut et non vers le bas. La doctoresse lui explique qu’il se trouve dans la station spatiale la plus proche de la Terre, baptisée Joseph A. Cooper. De plus, elle a quelqu’un à lui présenter.

Elle le mène à un vieillard visiblement en fin de vie. Ils ont accepté de le faire venir sur cette station, car il s’agit d’une situation exceptionnelle. Dans la chambre, Cooper remarque une photo sur laquelle il reconnaît Murph âgé d’environ 80 ans. La médecin lui montre un enfant et lui explique qu’il s’agit du vieillard présent dans cette pièce. Son nom est Anthony Cooper Welling, son arrière-arrière-petit-fils. Les larmes aux yeux, Cooper se tient au chevet du mourant et lui étreint la main.


Quelque temps après, il fait face à une bureaucrate ravie de se retrouver devant un tel héros. Il lui reproche cependant d’avoir libéré une forme de vie extraterrestre qui est rapidement devenue hors de contrôle et qui est en train de coloniser leur ancienne planète. Cooper conclut dans un éclat de rire qu’il s’agit en fait du « plan », ce qui laisse son interlocuteur perplexe. Ce dernier lui explique ensuite qu’ils n’ont pas besoin de lui en tant qu’explorateur, car des personnes plus qualifiées sont disponibles, et qu’il doit maintenant profiter des jours qu’il lui reste à vivre. Cooper lui demande juste un vaisseau pour partir à la recherche de Brand, mais le bureaucrate lui explique qu’elle est portée disparue depuis plus de 200 ans et donc considérée comme morte. Il a cependant quelque chose qui devrait intéresser le père de famille.


Cooper est à bord d’un tracteur rouge. Il en descend pour mieux le régler, mais semble rapidement dépité. Un robot, ressemblant à Tars, le rejoint pour lui donner un verre d’eau.

De son hangar, Cooper observe les vaisseaux spatiaux dans laquelle l’activité ne s’arrête jamais.

Il assiste à un match de baseball sans montrer aucune passion pour ce sport. Un des joueurs envoie la balle si haut, qu’elle ne retombe jamais et va s’écraser sur un building se trouvant au-dessus d’eux, de l’autre côté du cylindre.

De sa ferme, Cooper règle son robot et lui donne 100 % en curiosité et en humour. Il se ravise pour ne lui laisser que 80 % en humour.

Cooper est assis sur son porche et observe de nouveau les vaisseaux spatiaux. Les jours passent.


Un type de la maintenance quitte un hangar où sont entreposées de nombreuses navettes. Cooper et son robot, déguisé en joueur de baseball, se sont glissés à l’intérieur juste avant et prennent possession d’un astronef. Cooper se met aux commandes et observe un instant l’espace s’offrant à lui. Il demande à son droïde leur première destination.

Le type de la maintenance revient dans le hangar et constate la disparition d’un des vaisseaux. Il regarde au loin et distingue un minuscule point lumineux qui s’éloigne de la station.


Quelques remarques :

Cette ultime partie est, malgré les apparences, assez proche de la version salle. Les différences sont nombreuses, mais l’action reste sensiblement la même. En envoyant Cooper seul dans le trou noir, Nolan a juste simplifié son final, mais conclu de la même manière que Spielberg (Quête de Brand, rencontre du descendant).

Le vrai clivage entre les deux réalisateurs réside une nouvelle fois dans leur approche du cinéma et dans les thèmes qu’ils souhaitent évoquer. Là où Spielberg privilégie l’aventure à grande échelle, Nolan utilise la science-fiction pour parler d’une relation père/fille.

Il est difficile d’imaginer l’impact qu’aurait eu la version spielbergienne d’Interstellar. De part l’aura et le talent de son réalisateur, le film aurait sans doute connu un certain succès, mais le recourt important au numérique aurait sans doute plombé son aspect visuel. Même si la direction artistique est bien meilleure sur le BGG que sur Indiana Jones 4, la bande annonce de Ready Player One prouve que le réalisateur de Jurassic Parc n’a pas l’exigence d’un James Cameron quant au rendu final de ses films.

De l’autre côté, j’aime énormément le film de Christopher Nolan. Même si cette aventure est captivante dans sa façon d’appréhender notre univers, et s’il souligne une nouvelle fois l’attachement de son réalisateur quant à la question du temps (Memento, Inception, Dunkerque) il n’en reste pas moins un film profondément émouvant. Et là réside pour moi tout l’intérêt de la science-fiction : évoquer l’infiniment grand pour toucher notre intimité.

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